« Comment en parler à ses proches… ? »
Pour acquérir les bons réflexes … Daniel Marcelli, spécialiste de la famille
Dans le cadre de la 5ème Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe, l’Agence de la biomédecine fait appel pour la première fois à un expert , Daniel Marcelli, Professeur de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent du Centre Hospitalier Henri Laborit de Poitiers.
L’objectif : aider les familles à évoquer le don d’organes ensemble et à gérer cet échange souvent difficile.

1. Quel est le meilleur moment pour en parler ?
- Laisser à chacun la liberté de choisir son « moment » pour en parler : donner du temps à ceux qui ont besoin de se préparer au sujet et rester disponible pour ceux qui vont au contraire réagir très spontanément au sujet, sur le mode de l’empathie et de l’émotion

2. Quels mots utiliser ?
- Utiliser des termes simples, de la vie de tous les jours, pour évoquer le don d’organes. Éviter les idées ou les images trop abstraites et les termes trop techniques.
- Rappeler un message essentiel : avec le don d’organes, c’est la vie qui se transmet.
- Ne pas hésiter à rassurer sur le devenir du corps : le prélèvement d’organes et un acte médical à part entière. Le corps du défunt est traité avec respect et attention avant d’être restitué à la famille pour qu’elle puisse procéder aux obsèques selon ses souhaits ou ceux du défunt.

3. Comment réagir ?
- Si des réactions de malaise résultent d’une discussion sur le don d’organes et se traduisent par de la colère ou un désir de « zapper »; : elles sont probablement rattachées à une angoisse de la mort. Il faut pendre en compte cette angoisse sans chercher à la nier.
- Si l’on est surpris ou choqué par la décision d’un membre de sa famille, qu’elle soit pour ou contre le don de ses organes après sa mort : il convient de respecter la position de l’autre, sans la juger. L’entendre, la recevoir et l’enregistrer pour ce qu’elle est.