Cette année encore, le recueil complet des données des 48 centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal (CPDPN) autorisés en France permet d’avoir une vision exhaustive de leur activité.
Le nombre de dossiers examinés augmente de 5% entre 2007 et 2008. Durant cette même période, le nombre d’attestations de gravité et d’incurabilité demandées et délivrées en vue d’autoriser une interruption volontaire de la grossesse pour motif médical (IMG) croît de 3,5%. La définition d’un « dossier examiné » reste d’interprétation délicate. La publication en 2008 des recommandations en matière de bonnes pratiques de CPDPN par l’Agence de la biomédecine devrait aider à terme à une homogénéisation de cette définition qui n’apparaîtra que sur les données 2009.
Le taux de refus de délivrance de cette attestation reste constant, autour de 0,4%, sur les trois dernières années (Tableau CPDPN 1).
Le nombre moyen de réunions annuelles reste aussi supérieur à 52, indiquant ainsi une fréquence de réunions au moins hebdomadaire. Le nombre moyen de dossiers examinés par réunion est de 12, avec une grande variabilité entre les centres (Tableau CPDPN 1).
Pour les motifs conduisant la femme à demander une IMG, on remarque une répartition globalement sans changement des domaines d’indications. On note cependant un mouvement qui se confirme et tend à voir augmenter les indications associées à une étiologie comme les anomalies chromosomiques (39% versus 36% en 2006). Ceci traduit sans doute une meilleure analyse de la pathologie fœtale in utero avant la décision de la femme (Tableau CPDPN 2).
Le tableau CPDPN 3 confirme que les IMG les plus précoces sont proposées lorsque l’étiologie est génétique, donc avec un diagnostic biologique : pour les IMG avec indications chromosomiques, 76% sont réalisées avant 21 SA (semaines d’aménorrhée). Pour les IMG avec indications géniques, plus de 70% sont effectuées avant 21 SA.
En revanche, les indications pour syndrome malformatif restent les plus tardives (55,5% après 21 SA) en raison de leur mode de diagnostic par imagerie essentiellement.
Les indications infectieuses sont aussi tardives, sans doute en raison du suivi échographique itératif secondaire que provoque la découverte d’un diagnostic biologique. Ces chiffres restent très stables depuis que l’on recueille ces données (2006).
Le tableau CPDPN 4 porte sur l’avenir des grossesses lorsqu’il y a eu un refus de délivrance d’une attestation de gravité et d’incurabilité.
L’analyse par pathologie confirme que sur 24 cas d’anomalie chromosomique, 22 concernaient une anomalie portant sur les gonosomes. Dans les anomalies viscérales, 73% des refus portent sur les anomalies de la paroi et les anomalies isolées et sont en rapport avec une possibilité de réparation chirurgicale. Sur les données obtenues (26% de données inconnues ou manquantes dans le suivi de ces grossesses), on note 42% de décès (mort fœtale, mort néonatale précoce, IMG ou IVG) et 34% d’enfants nés vivants.
Enfin, 46 couples optent pour la pratique d’une IVG ou d’une IMG dans un autre centre ou à l’étranger.
Malgré l’existence d’une pathologie autorisant une IMG et une attestation de gravité, 494 femmes, soit 7,1% des femmes, n’ont pas souhaité poursuivre leur démarche d’IMG. Dans cette situation, dans 50% des cas, la grossesse a abouti à la naissance d’un enfant vivant. Mais a contrario, dans 44% des cas, il a été observé une mort fœtale in utero ou mort néonatale (Tableau CPDPN 5). L’analyse de la répartition des pathologies confirme bien que la très grande majorité des cas consiste en une perspective de réparation chirurgicale (Tableau CPDPN 5).
La comparaison des termes de découverte des pathologies montre une grande similitude dans leur répartition, que l’attestation de gravité ait été délivrée ou non, sauf aux extrêmes où la fréquence des refus est plus grande quand le terme est plus élevé (28% vs 10%). Le rôle joué par le terme de la grossesse n’est donc pas négligeable dans cette situation (Figures CPDPN 4 et CPDPN 5).
Il est très difficile d’évaluer l’activité échographique d’expertise des CPDPN. En effet, un grand nombre de centres ne font pas clairement la différence entre échographie de dépistage et échographie diagnostique. Seules des enquêtes spécifiques et ciblées semblent pouvoir apporter une information de ce type.
En revanche, la tendance en matière d’imageries est stable : le recours aux imageries les plus sophistiquées est du même ordre d’une année sur l’autre.
Mode de fonctionnement des centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal
|
|
2005 |
2006 |
2007 |
2008 |
|---|---|---|---|---|
|
Nombre de dossiers examinés |
25 022 |
24 389 |
28 292 |
29 779 |
|
Nombre d'attestations délivrées en vue d'une IMG |
6 093 |
6 787 |
6 642 |
6 876 |
|
Nombre de refus d'autorisation d'IMG |
106 |
122 |
112 |
125 |
|
Nombre de grossesses poursuivies malgré une pathologie |
406 |
402 |
475 |
494 |
|
Nombre de réunions pluridisciplinaires décisionnelles annuelles |
2 549 |
2 465 |
2 554 |
2 452 |
|
Nombre moyen de réunions annuelles |
53,1 |
52,4 |
53,2 |
52,2 |
Interruption volontaire de grossesse pour motif médical (IMG)
|
|
2006 |
2007 |
2008 |
|||
|---|---|---|---|---|---|---|
|
N |
% |
N |
% |
N |
% |
|
|
Indications chromosomiques |
2 433 |
35,8 |
2 546 |
38,3 |
2 706 |
39,4 |
|
Indications géniques |
379 |
5,6 |
444 |
6,7 |
448 |
6,5 |
|
Indications infectieuses |
77 |
1,1 |
72 |
1,1 |
67 |
1,0 |
|
Malformations ou syndromes malformatifs |
2 924 |
43,1 |
2 789 |
42,0 |
2 990 |
43,5 |
|
Autres indications fœtales |
602 |
8,9 |
621 |
9,3 |
505 |
7,3 |
|
Indications maternelles |
180 |
2,7 |
170 |
2,6 |
160 |
2,3 |
|
Non Renseigné |
192 |
2,8 |
0 |
0 |
0 |
0 |
Total |
6 787 |
|
6 642 |
|
6 876 |
|

