Espace des medecins traitants
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Dernière MAJ : 23.12.2008

Les interrogations des 16/25

97% des jeunes de 16 à 25 ans souhaitent qu’on les fasse réfléchir sur le don d’organes et qu’on leur explique l’enjeu et 94% d’entre eux veulent qu’on leur explique comment se passe « la chaîne du don », du prélèvement jusqu’à la greffe.
De leur aveu, ils manquent en effet d’informations sur le sujet et entretiennent de ce fait bon nombre d’idées reçues, qui les empêchent de prendre une position claire sur le sujet et de l’exprimer auprès de leurs proches.

 

Voici les idées fausses les plus courantes auxquelles le médecin traitant peut être confronté s’il engage le dialogue avec son jeune patient :

En cas de décès brutal, les médecins ont le droit de décider du prélèvement de nos organes
Les médecins ne peuvent prendre cette décision sans tenir compte de la position de la personne décédée. Avant d’envisager tout prélèvement, ils doivent obligatoirement s’assurer que le défunt n’était pas contre le don de ses organes. Du point de vue légal en effet, le prélèvement ne peut avoir lieu si on a la preuve de l’opposition de la personne décédée. Le personnel médical vérifie donc d’abord le registre national des refus et si aucune inscription n’est enregistrée, s’adresse aux proches du défunt : eux seuls peuvent avoir connaissance de sa volonté et en apporter le témoignage. Voilà pourquoi il est important, de notre vivant, de prendre position pour ou contre le don d’organes et de faire connaître cette position autour de nous.

 

On ne peut pas prélever des organes sur des personnes de n’importe quel âge
Il n’y a pas d’âge limite pour être donneur : c’est la qualité des organes qui est prise en compte. Un cœur est rarement prélevé après 60 ans. Mais les reins, le foie ou les cornées peuvent l’être sur des personnes beaucoup plus âgées. Aujourd’hui, 25% des greffes de rein viennent par exemple de donneurs de plus de 60 ans.

Si nous sommes donneur, notre corps peut être rendu abîmé à nos proches, à cause de l’acte chirurgical de prélèvement

Tout prélèvement d’organes est fait dans le respect de la personne décédée et de son corps. C’est une intervention chirurgicale de haute technicité, qui se déroule au bloc opératoire. Une fois le prélèvement effectué, toute incision pratiquée est refermée puis recouverte d’un pansement. Après l’opération, le personnel hospitalier effectue la toilette et habille le défunt avec ses effets personnels avant de le rendre à sa famille pour l’inhumation.

La mort cérébrale est le terme scientifique pour désigner le coma
La mort cérébrale (ou mort encéphalique) désigne l’arrêt définitif et irréversible de toutes les activités du cerveau, suite à un accident vasculaire cérébral ou à un traumatisme crânien. Le cerveau n’étant plus irrigué, ses fonctions sont détruites et la personne est décédée. Cet état ne doit pas être confondu avec un état comateux, dans lequel le sang irrigue et oxygène le cerveau : la personne n’est pas décédée car son cerveau n’est pas détruit.

Si le receveur souhaite en savoir plus sur le donneur ou retrouver sa famille, il a la possibilité d’accéder à son dossier
Le don d’organe est un acte strictement anonyme, c’est inscrit dans la loi. Le nom du donneur ne peut être communiqué au receveur, et réciproquement. Dans certains cas, la famille du donneur peut cependant être informée des organes et tissus qui ont été prélevés ainsi que du résultat des greffes, si elle le demande.

Les religions s’opposent au don d’organes
Le don d’organes ne rencontre pas d’opposition de la part des religions. Pour la plupart des religions, la vie humaine est primordiale. Tout ce qui peut la sauvegarder est donc utile. Le prélèvement d’organes, qui a pour finalité de sauver des vies, ne rencontre donc pas d’objection de principe. Les confessions religieuses invitent surtout leurs fidèles à une réflexion en faveur du don.

Si je suis d’accord pour donner mes organes, pas la peine d’en parler autour de moi, ma carte de donneur suffit
Attention, très souvent la carte de donneur ne suffit pas. Tout simplement parce qu’on ne la retrouve dans les effets personnels du défunt que dans 5% des cas. Elle ne garantit donc pas que votre volonté sera respectée : rien ne remplace la parole échangée avec vos proches, qui seront obligatoirement interrogés par les médecins pour témoigner de votre position sur le sujet auprès des médecins.


Pour d'avantage de réponses aux questions posées par les jeunes :