22 juin 2007, 7ème Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe

Mis à jour le : 11.07.12

L’Agence de la biomédecine prend la parole sur le don d’organes sur les grandes radios nationales


Le 22 juin, c’est la Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et de la greffe. A cette occasion, l’Agence de la biomédecine interpelle les citoyens avec une campagne diffusée du 13 au 22 juin sur les ondes des principales radios nationales.
La campagne s’appuie sur deux témoignages : celui de Brice Toniolo, qui s’est prononcé sur le prélèvement des organes de son père sans jamais avoir abordé cette question avec lui ; celui du Dr Corinne Antoine, qui relate les questions et espoirs des patients en attente de greffe, et leur reconnaissance envers les donneurs et leurs proches.
L’objectif est d’inciter chaque Français à dire son choix sur le don de ses organes à ses proches, pour s’assurer que sa volonté sera respectée et pour que sa famille puisse sereinement en faire part aux médecins, au cas où..

« C’est une décision que j’assume, mais j’aurais largement préféré que mon père nous dise de son vivant, donnez ou ne donnez pas mes organes »


Brice Toniolo a vingt ans. Il y a quelques mois, il a perdu son père brutalement dans un accident du travail. Les conditions du décès permettaient le prélèvement d’organes, sous réserve que le défunt n’ait pas exprimé d’opposition de son vivant, selon les termes de la loi de bioéthique (1).
Or, Brice et sa famille n’avaient jamais évoqué ce sujet avec leur proche décédé. Comment, dans ce cas, répondre à la question des médecins ?
Les équipes hospitalières qui coordonnent le prélèvement d’organes le savent bien : lorsque les proches du défunt n’ont jamais abordé cette question avec lui, les conditions du dialogue sont difficiles et l’impératif d’urgence peut être mal vécu. La qualité d’accueil et d’écoute de l’équipe médicale est alors essentielle. Elle invite la famille à fonder sa décision sur un examen des propos, des traits de caractère et des actions de la personne décédée.
Dans certaines situations, la famille, dans le doute, préfère s’opposer au prélèvement. Dans d’autres, comme celles de Brice, le défunt avait laissé un certain nombre d’indices laissant supposer qu’il aurait souhaité faire don de ses organes : il donnait son sang, il était particulièrement attentif aux autres…
Brice assume aujourd’hui son choix d’avoir autorisé le prélèvement, parce que cette décision ressemble à ce qu’était son père. En revanche, il aurait largement préféré en parler avec lui de son vivant et il ressent encore vivement aujourd’hui le poids de sa décision. C’est la raison pour laquelle il a souhaité prêter sa voix et son témoignage à la campagne de sensibilisation de l’Agence de la biomédecine.

« Avec la greffe on retravaille, on fait du sport, on peut espérer avoir des enfants »

Le Dr Corinne Antoine est néphrologue au centre hospitalier Saint-Louis, à Paris. Elle est également membre de la direction médicale et scientifique de l’Agence de la biomédecine. Son métier l’amène à côtoyer quotidiennement des malades en attente de greffe et des personnes greffées.

Elle sait combien cette intervention peut changer, voire sauver des vies. Une greffe de foie, de poumon ou de cœur est toujours une intervention vitale. La greffe rénale permet quant à elle au malade de s’affranchir des lourdes contraintes de la dialyse.
Dans un contexte de pénurie d’organes, elle raconte l’attente des patients qui peut être longue, parfois de plusieurs années. En France en 2006, 12 450 malades ont eu besoin d’une greffe et 4 428 greffes ont été réalisées. 94 % des organes à greffer viennent de personnes qui décèdent de mort encéphalique (le cerveau est irrémédiablement détruit) dans un service de réanimation hospitalier. Ce type de décès est rare en France : il concerne 1% des décès hospitaliers.
Lorsque le patient est greffé, c’est une nouvelle vie qui commence.

Il peut à nouveau travailler, faire du sport et espérer avoir des enfants. Le Dr Corinne Antoine sait par ailleurs combien les patients greffés se préoccupent des personnes grâce à qui cette opération a été possible : le donneur mais également ses proches, qui ont témoigné de son accord pour le prélèvement d’organes.
Pour faciliter ce témoignage, il est donc nécessaire, de son vivant, de transmettre sa position à ses proches sur le don de ses organes en cas de décès.

(1) Principe du consentement présumé : après sa mort toute personne est considérée consentante au don d’éléments de son corps en vue de greffe, si elle n’a pas manifesté son opposition de son vivant.

L’Agence de la biomédecine est un établissement public qui exerce ses missions dans les domaines du prélèvement et de la greffe d’organes, de tissus et de cellules, ainsi que de la procréation, de l’embryologie et de la génétique humaines. Elle est notamment chargée de développer l’information sur le don d’organes et sur ses enjeux, dans un esprit conforme à son rôle d’institution de référence.

Contacter le service de presse :
I&e

Dominique Kerforn

- Tel : 01 56 03 12 75

Agence de la biomédecine
Fabienne Tong

- Par téléphone : 01 55 93 64 96


Du 13 au 22 juin, deux témoignages sur l’importance de transmettre sa position à ses proches sont diffusés sur les grandes radios nationales.
Brice Toniolo


Brice Tonolio, jeune homme ayant perdu son père brutalement. Il a accepté que l’on prélève ses organes, sans jamais avoir pu en parler avec lui, et donc sans connaître sa volonté. Il vit désormais avec le poids de cette décision.

Dr Corinne Antoine


Corinne Antoine, néphrologue et membre de la direction médicale et scientifique de l’Agence de la biomédecine, partage son expérience de praticien en racontant les questions et les espoirs des malades en attente de greffe. Elle dit également sa reconnaissance aux donneurs et à leurs proches.

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