Témoignages de donneurs-receveurs : Père et fils (2)

Mis à jour le : 05.07.12


« Les médecins prennent quand même beaucoup de précautions pour qu’il n’y ait pas de déception au cas où cela ne se ferait pas… »

En 2000, Antoine a donné un rein à Guillaume. Un jour les reins de Guillaume lâchent. Il a 4 ans et doit être dialysé. La vie de la famille est bouleversée. L’équipe médicale propose à son père, Antoine, de pratiquer une greffe rénale à partir de donneur vivant. Face à la maladie de son fils, Antoine donne son accord sans aucune hésitation. La loi est là pour encadrer la démarche et l’équipe médicale pour l’informer notamment sur les risques potentiels de l’opération.

Accéder à la transcription de cette vidéo


Donneur :
Il venait d’avoir 3 ans.
Il a fallu finalement une prise de sang,
pour voir que tout de suite, malheureusement,
les analyses étaient catastrophiques.
Il était en insuffisance rénale très avancée.

Receveur :
J’ai surtout des souvenirs de dialyses.
J’étais dans mon lit et j’avais plein de tuyaux un peu partout.
Je me souviens aussi du trajet qu’il fallait faire.
C’était long, donc je ratais beaucoup l’école.

D :
C’était assez lourd pour nous,
parce qu’à l’époque on n’était pas sur Paris.
On avait minimum 2 heures de route aller et 2 heures retour, quand ça roulait bien. Donc c’était une journée par semaine qui était bloquée par ça.
C’est le médecin qui le suivait à l’hôpital qui en a parlé le premier.
On vous dit que ça va accélérer les choses, que les chances de succès au long terme de la greffe sont meilleures, que l’intervention pourra être programmée,
que ça va nous éviter toute la phase d’incertitude, d’attente d’un donneur,
ce qu’on sait des greffes, c’est-à-dire le bip, l’attente de l’appel,
y aller peut-être pour rien… A partir du moment où on vous a dit tout ça, vous foncez.

On a tendance à dire oui tout de suite.
Mais là, le médecin a beaucoup freiné.
Il a beaucoup insisté pour qu’on prenne le temps de la réflexion.
J’ai pas vu beaucoup d’aspects négatifs.
C’est un peu curieux parce que je pense, dans un coin de sa tête,
on traine quand même un peu quelque chose qui ressemble à de la culpabilité.
Parce que c’est génétique, donc ça vient de vous…
Donc quelque part, vous prenez ça un peu comme une possibilité de réparer.
Donc vous foncez.

Et le danger que le médecin vraiment connaît bien,
c’est de dire oui trop vite sans se rendre compte.
On a été prévenu au départ que ça serait long,
que, peut-être, ça ne se ferait pas.
Les médecins prennent quand même beaucoup de précautions
pour qu’il n’y ait pas de déception au cas où ça ne se ferait pas.

R :
La greffe je pense que ce n’était pas si terrible.
Une fois qu’on l’a vécue, c’est normal après.
Je ne me souviens pas avoir eu très mal, ou des trucs comme ça.

D :
J’ai été hospitalisé la veille, on m’a préparé, il faisait beau…
C’est pas des moments très agréables mais ça s’est passé très calmement.
Ne plus avoir la contrainte de la dialyse, c’est tout de suite une autre vie.

R :
Il faut que j’aille refaire des prises de sang régulièrement.
Et que j’aille à l’hôpital.
Mais sinon il n’y a pas énormément de différences avec la vie de mes amis.

D :
Je dirais que de le voir grandir, chaque jour qui passe,
c’est ça de gagné. Il grandit normalement, il mène une vie normale,
Et c’est ça qui compte.

Agenda

 février 2017  
l m m j v s d
30 31 1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 1 2 3 4 5
18 mai 2017

Journées de l’Agence de la biomédecine 2017

Lire la suite : ▶