Témoignages de donneurs-receveurs : Père et fils

Mis à jour le : 18.06.12


« Le parcours est long, trop long mais nécessaire je pense… »

En 2009, Rémy a donné un rein à Quentin. Face à la souffrance de son fils et au manque de greffons rénaux, Rémy a choisi de donner un rein à son fils, étudiant, alors âgé de 20 ans. Après s’être informé et avoir rencontré les équipes médicales, il confirme sa décision et démarre le parcours prévu par la loi. Comme la majorité des donneurs vivants de rein il trouve le parcours « long, trop long… ». Mais tous reconnaissent que cet encadrement est positif et constitue une garantie pour le développement de cette pratique.

Transcription de la vidéo


Receveur :
Avant la greffe, je suis resté huit mois et demi en dialyse.
Une fois tous les deux jours, quatre heures à l’hôpital.
En fait, c’est cinq heures, parce qu’il y a les branchements débranchements.
Il fallait que j’y aille en taxi et que je revienne.
Donc ça me faisait des journées de dialyse de 11h-20h, au final.
Donc je n’allais plus en cours.
J’avais plus vraiment de vie sociale, puisque je ne pouvais plus trop voir mes amis ni quoi que ce soit. C’était un peu l’enfer.

Donneur :
Je ne suis pas sûr effectivement que le professeur me l’ait demandé.
C’est un peu délicat, je pense, d’aller voir tout de suite le papa
et de dire : « donnez un rein à votre fils ».
Non, je pense que c’est moi qui ai devancé un peu sa demande.

R :
Moi je ne l’ai jamais vu douter, et j’ai jamais vraiment angoissé pour lui.
Sauf un peu le jour de l’opération,
parce que je me disais : « j’espère qu’il ne va pas lui arriver quelque chose ».
Mais c’est tout, autrement j’ai jamais angoissé.

D :
Le parcours est long, trop long, mais bon, nécessaire, je pense.
Tout au début, on se retrouve avec une batterie de tests sanguins.
Pour vérifier la compatibilité sanguine.
Après on se retrouve avec une autre batterie de tests :
- des scintigraphies pulmonaires,
- des échographies du rein,
- des échos cardiaques, tests d’efforts…
On est mitraillé sous toutes les coutures. A l’issue de ça, on a un entretien avec une psychologue. On a un entretien après avec le comité bioéthique.
Au final, on passe au tribunal de grande instance devant le président ou la présidente.
Pour dire que l’on est j’imagine sain de corps et d’esprit, et qu’on n’a pas un pistolet sur la tempe… Je pense que c’est ça.
J’ai été opéré par célioscopie :
on vous gonfle le ventre avec des gaz, je crois que c’est ça.
Et en gros le seul inconfort que j’avais, c’était l’impression d’avoir un point de côté doublé d’une indigestion. Donc c’est pas douloureux, c’est juste désagréable. Et ça passe assez vite : un mois après, il n’y paraît plus rien.

R :
Déjà, je peux suivre mes études d’une façon plus assidue.
Donc ça, c’est quand même important à 22 ans.
J’ai des projets.
Avant, c’était difficile de se projeter sur le long terme.
Quand on est en dialyse, on ne peut pas vraiment se dire : « je ferai ça, je ferai ça ». On a toujours cette épée de Damoclès au-dessus de la tête.
Là on peut avoir de vrais projets, c’est bien.
Je voyage beaucoup. J’adore voyager.
Je ne pouvais pas le faire quand j’étais en dialyse : il faut trouver un centre…
Moi, je ne l’ai jamais fait, parce que ça me prenait la tête.
Ce sont les trois principales choses que ça a changé.
Vu mon état aujourd’hui et celui de mon père,
Mon père va très bien, moi aussi.
Avec la pénurie de greffons qu’on a en France,
Je me dis que c’est une chance de pouvoir faire ce type d’opération.
Donc il faut vraiment la pratiquer.

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