Témoignages de donneurs-receveurs : Mari et femme

Mis à jour le : 18.06.12


« Pour moi, c’était la seule solution pour que mon mari s’en sorte »

Corinne a donné un rein à son mari Richard. Mariée, deux enfants, Corinne doit assurer seule le bon fonctionnement de la cellule familiale. Faute de greffon disponible, l’état de Richard se dégrade et le quotidien est de plus en plus difficile à vivre. Corinne a entendu parler de la greffe rénale à partir de donneur vivant ; elle évoque cette possibilité avec l’équipe qui suit son mari. Après confirmation de sa compatibilité avec son mari, les démarches sont enclenchées pour aboutir à la greffe en 2007.

Transcription audio de la vidéo


Donneur :
Mon mari était dialysé trois fois par semaine
A chaque fois qu’il rentrait de la dialyse il était très fatigué.
Il fallait s’occuper de lui, il restait assis.
Dès qu’il demandait quelque chose, il fallait lui apporter
Il ne pouvait pas participer à la vie familiale.
Nous avons deux enfants et je devais m’en occuper seule.

Receveur :
Ca commençait à être très long.
Quatre, cinq, six ans…
Et comme j’avais beaucoup souffert, je crois que ma femme a eu pitié.
Ma mère d’ailleurs, aussi.
C’est ma mère qui s’est proposée pour donner son rein.
Mais son rein ne filtrait pas assez bien.
Finalement ils n’ont pas pris de risque.
Et c’est à ce moment que ma femme m’a dit :
"c’est moi qui vais te donner le mien".

D :
Au début j’en avais pas entendu parler
et quand l’idée a fait son chemin dans mon esprit,
j’ai vu des extraits d’une émission
qui était faite par l’acteur Richard Berry
et qui a donné un rein à sa sœur.
Émission très bien faite qui explique
comment se passent les choses.
Donc je pense que ça a influencé ma décision,
voyant que le donneur était en très bonne santé après le don,
je me suis dit que ça devait être faisable.
Pour moi c’était la seule solution pour que mon mari s’en sorte.

R :
J’étais vraiment très informé concernant les risques
que peut avoir, ou ne pas avoir, le donneur
pour avoir donné un rein à son conjoint
ou à quelqu’un d’autre.
Elle a pris la décision
et elle a fait ce qu’il fallait jusqu’au bout.

D :
Une fois que les examens médicaux étaient faits,
j’étais impatiente d’y aller.
Ensuite il y a un rendez-vous avec une psychologue,
il y a un rendez-vous avec le comité d’éthique,
il faut aller voir le juge. C’est la fin qui m’a parue lourde.
On est arrivé, et on a été très bien pris en charge.
Je me souviens, on est arrivé à l’étage où il y avait nos chambres.
L’infirmière disait à tout le monde :
"C’est la greffe familiale !"
Vraiment j’avais l’impression qu’on nous déroulait le tapis rouge.
Alors le réveil… J’ai le souvenir…
J’avais l’impression d’être sur un petit nuage.
J’étais à coté de mon mari, tout à coup j’ai entendu sa voix,
donc j’ai su que c’était bon.

R :
C’est un des bons souvenirs en fait.
Parce qu’on a l’impression que c’est une nouvelle vie qui commence,
comme une nouvelle naissance.
Déjà à l’hôpital, on est beaucoup mieux…
Indépendant.
Il n’y a pas la dialyse, c’est la liberté.
On est tellement heureux, tellement rempli de joie…
Vraiment, ce sont des mois…
Dont je me souviens très bien, même maintenant.
Je sentais les forces revenir tout simplement.
Sur tous les plans.
Même sexuellement ça allait beaucoup mieux.

D :
Bon déjà, travailler normalement,
faire du sport,participer à la vie familiale,
voyager… Je trouve que c’est une expérience formidable !

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