Témoignages de donneurs-receveurs : les soeurs

Mis à jour le : 03.07.12


« On ne m’en a pas parlé nécessairement… c’est venu comme ça »

En 2002, Alexandra a donné un rein à Audrey. Alexandra est la sœur aînée d’Audrey. Elle a très vite compris les problèmes de santé rencontrés par sa sœur dès son plus jeune âge. Pour elle, il a toujours été évident qu’elle ferait don d’un de ses reins quand le moment serait venu. Une évidence qu’elle n’a jamais remise en cause au fil des années. Un geste qu’Alexandra considère comme normal entre sœurs. Elle n’attend aucune reconnaissance particulière de la part de sa sœur ou de la famille.

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Donneur :
Quand j’ai pris conscience de ce que pouvait être concrètement le problème d’Audrey,
j’ai tout de suite manifesté, très jeune, je me suis dit :
« si un jour elle doit se faire opérer, moi je suis prête à donner un de mes reins »
sans mesurer forcément à ce moment-là les implications.
Donc voilà, on ne m’en a pas parlé nécessairement, c’est venu comme ça.
Penser à prélever un organe chez l’un de ses enfants, pour des parents,
je pense que c’est pas forcément évident, au départ.
Ils préfèrent se mettre en première ligne, à ce moment-là,
et je pense que ç’a été fait dans cette logique là.

Receveur :
Le peu que je me souvienne, c’est que la créatine avait fortement augmenté
Donc on nous a dit : « faut vous faire greffer ».
Soit on a la chance d’avoir un don d’un donneur vivant
Sinon… Espérons qu’on ait la chance
que malheureusement quelqu’un décède pour avoir l’organe.
C’est vrai que la liste est tellement longue…

D :
On m’a demandé d’aller devant le tribunal de grande instance,
auprès du président du tribunal de grande instance,
témoigner qu’on m’avait informé des risques liés à cette intervention,
que je n’avais subi aucune pression.
Voilà l’encadrement juridique qui est lié aux greffes.
Pour moi, avoir un appui de la loi, un encadrement, c’est normal.
Et c’est même une garantie de réussite,
et pour promouvoir ultérieurement le don du vivant.

R :
J’ai été greffée le 31 juillet 2002, donc j’avais 19 ans.
Ça s’est bien passé. On nous a dit : « il y aura à peu près quatre heures d’intervention ».
« Votre sœur et vous serez dans deux blocs côte à côte ».
« Le temps qu’on transfère le rein de l’une à l’autre ».

D :
Lorsque j’ai pu vraiment être pleinement consciente, je n’ai eu aucune douleur.

R :
Quand je me suis réveillée à la fin de l’opération, j’étais en pleine forme.
Peut-être que je m’autorise de faire des choses que je ne me serais pas autorisé avant. J’ai pu faire du sport.

D :
Dans ma vie quotidienne, ça n’a rien changé. Je me suis même surprise de temps en temps à complètement oublier que je n’avais plus qu’un rein.
C’est quand je vois ma cicatrice, que je me dis : « ah oui, c’est vrai ! »
Je fais beaucoup de sport, et ça n’a rien changé dans ma pratique.
Ça ne me freine pas du tout.

R :
Je suis quelqu’un qui cache ses sentiments, donc c’est vrai que je n’ai pas… Mais je suis reconnaissante.

D :
Nous ça s’est tellement bien passé qu’on ne peut pas dire autre chose que : « Si on peut le faire et si on le souhaite, il faut le faire. »

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