Témoignages de donneurs-receveurs : Mère et fille

Mis à jour le : 18.06.12



« C’est un geste normal d’une mère envers sa fille… oui, je trouve cela normal, mais beau aussi… »

Fabienne a donné un rein à sa fille Cynthia, aux États-Unis en 1997. Cynthia est encore un bébé quand sa maladie rénale se déclare et entraîne sa mise sous dialyse. Pour des raisons professionnelles, la famille vit aux États-Unis, où la greffe rénale à partir de donneur vivant est assez développée. Après proposition du médecin, Fabienne accepte « naturellement » de donner un rein à sa fille. Aujourd’hui âgée de 20 ans, Cynthia, étudiante à Dijon, fête chaque année sa seconde naissance et reconnaît la beauté du geste de sa maman.

Donneur :
C’était un bébé, donc ce n’était quand même pas évident.
Et puis c’est arrivé brusquement, elle a ses reins qui se sont arrêtés.
Donc il lui fallait un traitement jusqu’à l’âge d’environ 5 ans, ce qui s’est passé.
Et de cinq à six ans, elle a été dialysée à domicile
jusqu’à la greffe, qui devait avoir lieu à l’âge de six ans.
Aux États-Unis, la première chose qui se faisait, c’était le don d’organes vivants.

Receveur :
On m’a expliqué, avec les mots que peuvent avoir les médecins quand on a six ans. Que ma mère allait me donner un rein parce que le mien ne fonctionnait pas,
que j’allais subir une opération…

D :
Je n’ai pas réfléchi du tout.
Je me suis dit : « C’est ma fille, je lui donnerai une deuxième vie. »
Je n’ai absolument pas réfléchi, pour moi c’était naturel : il fallait le faire.

R :
Je sais vis à vis de mes parents, surtout de mon père,
que ça a été difficile à vivre, parce que lui avait demandé d’être donneur mais n’avait pas pu. Du coup, sa femme et sa fille étaient sur le billard,
ça a été un moment dur pour lui.

D :
La question ne s’est pas posée quand je lui ai dit :
Moi je le fais, il n’y a aucune discussion.
Il m’a dit : Tu as raison, c’est formidable, fais-le.
On a fait des examens et il s’est avéré que j’étais compatible.
Les examens n’ont pas été simples. C’était long, fastidieux.
Mais à aucun moment je me suis dit : J’arrête là, je n’en peux plus.
Je continue, je vais jusqu’au bout.

R :
Je me suis réveillée, il y avait mon père qui était là.
Moi je n’avais pas du tout de douleurs. Mais je sais que ma mère était en chaise roulante, elle ne pouvait pas se déplacer.
Elle est venue me voir, et la première chose que j’ai demandé, c’était un MacDo.

D :
Je le referais pour un autre enfant, même pour ma fille,
malheureusement je n’ai que deux reins.
Et encore plus facilement aujourd’hui, parce que je sais que la greffe se passe différemment.
C’est plus une cicatrice comme j’en ai une. Ils arrivent à faire ça avec seulement deux petits trous, donc c’est moins douloureux physiquement.
Pour moi c’est effacé, elle est là, elle va bien. Moi je la vois grandir, je la vois aller bien, et psychologiquement, même très bien.

R :
J’y pense forcément régulièrement.
Même tous les ans, vu qu’on fête un peu ma « renaissance ».
Je dirais presque que c’est un geste normal d’une mère envers sa fille,
d’un parent envers son enfant. Oui, je trouve ça normal…Et beau aussi.

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