Utilisation thérapeutique du sang de cordon : une clarification s’impose

Mis à jour le : 11.07.12

Dans un contexte où de nombreuses informations circulent sur les possibles utilisations du sang de cordon dans le futur, l’Agence de la biomédecine tient à rappeler l’intérêt thérapeutique actuel du sang de cordon. Conserver le sang du cordon de son enfant dans une banque pour le soigner avec ses propres cellules au cas où il serait malade plus tard ne repose actuellement sur aucun fondement scientifique validé par consensus d’experts.
En revanche, le sang de cordon permet aujourd’hui de sauver la vie de patients atteints de maladies graves du sang, comme les leucémies, ou de certaines maladies génétiques, comme la drépanocytose. Il représente une vraie ressource thérapeutique pour le malade lorsqu’il ne trouve aucun donneur de moelle osseuse pour réaliser la greffe dont il a besoin.

Le sang de cordon permet de soigner les maladies graves du sang et certaines maladies génétiques


La greffe de sang de cordon (ou de sang placentaire) permet, comme pour la moelle osseuse, de soigner deux grandes catégories de maladies :

- des maladies graves du sang, comme des leucémies, des lymphomes ou des myélomes ;

- des maladies génétiques, tels la drépanocytose, les thalassémies, les déficits du système immunitaire.

Ce sont les mêmes cellules, présentes dans la moelle osseuse et dans le sang de cordon, qui soignent les malades : les cellules souches hématopoïétiques (CSH). Ces cellules donnent naissance aux cellules sanguines (globules rouges, globules blancs et plaquettes).

Le sang de cordon, un recours supplémentaire pour certains malades


La greffe de sang de cordon est envisagée par les médecins lorsque la greffe de moelle osseuse n’est pas possible pour un malade, faute de donneur identifié dans la famille ou dans les registres internationaux. Elle constitue une vraie ressource supplémentaire disponible pour les malades.

Lorsqu’un greffon de sang placentaire est recherché pour un malade en France, les médecins font d’abord appel au registre français. S’ils ne trouvent pas de greffons compatibles dans le registre français, ils s’adressent aux registres internationaux. Réciproquement, lorsqu’un malade a besoin d’un greffon de sang placentaire dans le monde, le registre français est interrogé pour participer à la solidarité internationale. Les registres sont tous interconnectés pour offrir aux malades, partout dans le monde, les meilleures chances de trouver le greffon qui pourra peut-être les sauver.

Le caractère plus immature des cellules immunitaires contenues dans le sang de cordon diminue le risque de complication immunologique chez le malade greffé par rapport aux cellules de la moelle osseuse. Ces cellules sont plus facilement acceptées par le corps du malade. L’exigence de compatibilité entre le receveur et le greffon est donc moins importante avec le sang de cordon.

En raison de la faible quantité de cellules au sein du greffon, l’utilisation de sang de cordon était initialement restreinte aux enfants. Aujourd’hui, il devient possible d’utiliser deux unités de sang de cordon pour greffer un adulte.

En 2008 en France, sur les 1 444 malades greffés, 246 malades ont pu l’être avec du sang de cordon. Le recours à la greffe de sang de cordon progresse d’année en année, car en 2007, 211 malades avaient été greffés.

Avec près de 1 250 greffes réalisées à ce jour parmi près de 20 000 réalisées dans le monde, la France reste le premier pays européen en terme de nombre de greffes de sang de cordon réalisées.

La France est le deuxième pays, après les États-Unis, sur le plan mondial, à fournir des greffons de sang de cordon pour les patients nationaux et internationaux. Ce rang est dû à la bonne qualité des greffons français, particulièrement riches en cellules utiles à la greffe.

Les exigences en matière de qualité des greffons et de sécurité des malades ne permettent au final de conserver qu’un tiers des greffons prélevés. Ces exigences sont conformes aux standards internationaux reconnus par la communauté médicale, indispensables pour fournir aux malades des greffes sûres et efficaces

Conserver le sang de cordon de son enfant pour l’utiliser pour lui dans le futur : absolument inutile !


Conserver le sang de cordon de son enfant dans une banque dans l’éventualité d’une maladie future, pour le soigner avec ses propres cellules est actuellement sans fondement scientifique et donc inutile.

Par exemple, lorsqu’un enfant présente une maladie grave du sang, celle-ci était présente au cœur de ses cellules dès sa naissance. Utiliser alors le sang de son cordon pour lui réinjecter ses propres cellules reviendrait à réintroduire la même maladie. Aucune publication scientifique validée n’a montré un quelconque bénéfice à cette pratique. En revanche, cet enfant pourrait probablement être soigné par une greffe dite « allogénique », c’est-à-dire réalisée avec le sang de cordon d’un autre enfant que lui-même. Car seules les cellules saines d’un autre bébé pourraient vaincre sa maladie. Le succès de la greffe vient du fait que le système immunitaire d’une autre personne que le malade va lutter contre la maladie.

Par ailleurs, les sociétés savantes estiment qu’aucune donnée ne permet de penser qu’il est utile de conserver le sang de cordon de son enfant dans une perspective de médecine régénérative. Autrement dit, rien aujourd’hui ne permet d’envisager un traitement efficace et sans danger de maladies telles que, par exemple, certaines maladies neuronales ou cardiaques, chez l’enfant devenu grand à l’aide de ses cellules de sang de cordon.

En France, la conservation et l’exportation de sang de cordon pour son propre usage ne sont pas autorisées par la loi car elles n’ont pas fait preuve d’une efficacité thérapeutique, condition qu’exige la loi française pour autoriser la conservation de produits de santé à usage thérapeutique.

Par ailleurs, pour effectuer cette conservation à l’étranger où elle peut être permise, des sociétés privées pratiquant la conservation pour son propre usage demandent aux parents de transporter ou d’envoyer par colis le sang de cordon prélevé. Or, cette pratique est illégale et est punie par le code pénal (article 511-8 à 511-8-2 du code pénal).

Objectif de prélèvement : 30 000 unités de sang placentaire à terme


L’Agence de la biomédecine est responsable du pilotage du réseau français de sang placentaire (ou sang de cordon) et de sa stratégie d’extension.
La France n’est pas actuellement en pénurie de greffons placentaires. Mais elle trouve plus fréquemment des greffons compatibles de sang de cordon dans les registres étrangers. Ainsi, 64% des unités de sang placentaires greffées proviennent des registres étrangers.
L’Agence de la biomédecine a ainsi décidé en collaboration avec les professionnels concernés, d’augmenter le nombre d’unités de sang placentaires dans le Registre français et de passer des presque 10 000 unités de sang de cordon actuellement conservées à 30 000 unités.
Cet objectif répond d’une part à une logique d’utilisation équitable des registres de sang de cordon en faisant appel dans les mêmes proportions au sang de cordon conservé en France et à celui conservé dans les autres pays.

D’autre part, il s’agit d’augmenter la diversité des unités de sang de cordon dans ce registre. En effet, la France a la chance de disposer d’une population qui s’est enrichie au fil des siècles des apports des populations migrantes. Sa diversité génétique se retrouve aussi parmi ses malades. Pour pouvoir leur proposer les meilleures chances d’être greffés, cette diversité doit être davantage représentée au sein du registre français.

L’Agence contribue au développement du nombre de banques de sang de cordon et de maternités qui leurs sont affiliées en finançant en partie l’ouverture de 4 nouvelles banques.

Actuellement sur le territoire, 5 banques sont actives :

- Paris/Saint-Louis

- Besançon

- Lyon/Grenoble

- Bordeaux

- Créteil
et trois banques sont en cours d’ouverture - Montpellier, Poitiers, Marseille. Elles sont toutes situées dans des centres hospitaliers universitaires ou à l’Établissement Français du Sang. Seize maternités leur sont rattachées et collectent des unités de sang placentaire. Ce nombre devrait augmenter en 2010.

Informer les professionnels de santé en priorité sur le sang de cordon


Informer les professionnels de santé en priorité sur le sang de cordon :
L’Agence de la biomédecine a été alertée par les professionnels de demandes que leur font certaines mamans de prélever le sang de cordon de leur enfant pour une conservation personnelle. Pour clarifier les choses sur cette question, l’Agence a réalisé un document d’information en collaboration avec le Collège national des gynécologues obstétriciens français et le Collège national des sages-femmes. Il est destiné aux gynécologues et aux sages-femmes et est actuellement diffusé.

Une information grand public est aussi disponible sur le site institutionnel de l’Agence de la biomédecine :

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