6 148 greffes d’organes en 2025 : un record historique pour la France

Publié le 19 février 2026

En 2025, la France atteint un niveau historique de greffes d’organes, avec 6 148 interventions réalisées, soit le chiffre le plus élevé jamais enregistré. Cette progression confirme la solidité et l’engagement du système de prélèvement et de greffe, tout en rappelant l’ampleur des besoins : plus de 23 000 patients demeurent en attente, dans un contexte marqué par une opposition encore élevée et la persistance d’idées reçues.

Un niveau d’activité de greffe jamais atteint

En 2025, 6 148 greffes d’organes ont été réalisées en France, soit +1,5 % par rapport à 2024 (+95 greffes). Ce chiffre constitue le plus haut niveau jamais enregistré, dépassant pour la première fois le précédent record établi en 2017 (6 120 greffes). Cette progression, bien que plus mesurée, confirme les effets des actions engagées dans le cadre du Plan ministériel 2022-2026 pour le prélèvement et la greffe d’organes et de tissus. Elle témoigne de l’engagement constant des équipes hospitalières et de l’ensemble des professionnels mobilisés sur le territoire.

Un défi : faire reculer l’opposition

En 2025, 3 188 donneurs potentiels en état de mort encéphalique ont été recensés (+0,6 %). Parmi eux, 1 590 ont pu être prélevés (+3 %). Ces données traduisent la mobilisation des équipes hospitalières, tout en montrant le potentiel encore inexploité. Dans le même temps, le taux d’opposition atteint 37,1 % (contre 36,4 % en 2024), avec des disparités territoriales marquées.
Au 1er janvier 2026, 23 294 patients étaient inscrits sur la liste nationale d’attente, dont 11 642 en liste active. En 2025, 966 patients sont décédés alors qu’ils figuraient sur cette liste.
La poursuite de la progression repose donc sur deux leviers indissociables : **augmenter le recensement **des donneurs potentiels et faire reculer l’opposition, afin d’élargir l’accès à la greffe pour les patients en attente.

Donneur vivant : un cap symbolique franchi

L’année 2025 marque également une étape importante pour la greffe rénale avec donneur vivant : 603 greffes rénales avec donneur vivant ont été réalisées, franchissant pour la première fois le seuil des 600 greffes.
Cette avancée est notamment liée au développement des dons croisés, avec 8 greffes issues de dons croisés en 2025 (2 doublets et 1 quadruplet). La part des greffes rénales avec donneur vivant atteint 15,6 % du total des greffes rénales. Malgré une hausse de 7,7 % en deux ans, ce niveau demeure inférieur à l’objectif de 20 % fixé par le Plan greffe, ce qui appelle à poursuivre et renforcer les stratégies dédiées.

Une adhésion majoritaire… mais encore trop peu exprimée

Les résultats de l’édition 2026 du baromètre annuel dédié au don d’organes et de tissus confirment un soutien important de la population :
74 % des Français se déclarent favorables au don de leurs organes après leur décès, un niveau stable depuis dix ans ;
• 90 % estiment important que leurs proches connaissent leur position ;
• mais **seuls 49 % ont effectivement partagé leur choix **avec leur entourage.

Un écart générationnel se dessine :
• 42 % des plus de 65 ans se sentent bien informés (contre 24 % des 16-24 ans) ;
• 59 % des plus de 65 ans se disent concernés par le don d’organes, contre 35 % des 16-24 ans.
Exprimer sa position auprès de ses proches demeure un levier déterminant pour faciliter la décision au moment du décès.

Lutter contre les idées reçues et la désinformation

Le baromètre 2026 met en évidence la persistance d’idées fausses :
• 62 % des Français pensent que le prélèvement est automatique en l’absence d’inscription au Registre national des refus, alors que les proches sont systématiquement consultés ;
• 48 % savent que le don d’organes et de tissus est compatible avec les rites funéraires (en baisse par rapport à 2025) ;
• 30 % des personnes travaillant à l’hôpital estiment, à tort, que les personnes ne sont pas décédées au moment du prélèvement.
Par ailleurs, 22 % des Français considèrent que les médias évoquent souvent des scandales liés au don d’organes. En 2024 et 2025, la désinformation sur les réseaux sociaux a conduit à des dizaines de milliers d’inscriptions infondées sur le Registre national des refus.


Comme l’a déclaré Stéphanie Rist, ministre de la Santé :
« La lutte contre la désinformation (…) constitue aujourd’hui un des axes majeurs de la promotion du don d’organes et de tissus et de l’accès à la greffe. »


Poursuivre l’élan collectif

L’année 2025 démontre la capacité du système français à atteindre un niveau d’activité inédit. Pour autant, l’ampleur des besoins impose de consolider les acquis, de renforcer l’information fiable et pédagogique et d’encourager le dialogue au sein des familles. Derrière chaque chiffre, il y a des patients en attente.

Chaque discussion engagée, chaque opposition évitée, peut représenter une greffe supplémentaire.

Pour en savoir plus sur le don d'organes et de tissus

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