Donner ses organes après la mort ?

Mis à jour le : 11.07.12

Chacun est libre de son choix. L’important c’est de le dire à sa famille.



Pourquoi réfléchir au don d’organes ?


Le 22 juin 2007 a lieu la 7ème journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe. L’occasion idéale pour clarifier ses idées sur ce sujet et en parler avec son entourage, sa famille surtout. Parce qu’en cas de mort brutale, c’est aux proches que l’on demande si le défunt était opposé au don de ses organes.

Avoir besoin d’une greffe d’organes, témoigner pour un proche décédé : ces situations peuvent tous nous concerner. Il n’est jamais trop tôt pour y réfléchir, dès lors qu’on a les informations suffisantes pour comprendre. C’est pourquoi l’Agence de la biomédecine souhaite cette année mettre à profit la Journée nationale pour interpeller les 16-25 ans avec un dispositif spécifique.

Pourquoi réfléchir au don d’organes ?


Parce qu’aujourd’hui, la greffe d’organes est une technique médicale courante mais irremplaçable, qui change chaque jour des vies. Pour certains patients, la greffe est même une question de vie ou de mort. Or on manque d’organes à greffer : en 2006, 12 450 malades ont eu besoin d’une greffe mais seulement 4 428 greffes ont été réalisées. 239 personnes sont mortes faute de greffe.
Parce que chacun est libre de décider s’il veut ou non donner ses organes en cas de décès brutal.

Si l’on est contre le prélèvement de ses organes, on peut s’inscrire sur le registre national des refus dès 13 ans. Et que l’on soit pour ou contre, on doit faire connaître son choix à sa famille pour qu’elle respecte notre volonté. D’où l’importance de prendre un peu de temps pour se documenter, questionner son entourage et faire le point.

Parce que le développement de la greffe d’organes est devenu un enjeu de santé publique important et de plus en plus présent dans les médias. Il est donc important d’aider les jeunes, interpellés par ce sujet, à bien le comprendre et se l’approprier. Selon la loi de bioéthique d’août 2004, les médecins généralistes sont tenus de s’assurer des connaissances de leurs jeunes patients sur le don d’organes à des fins de greffe, de répondre à leurs questions ou de les orienter vers des informations fiables.

Pourquoi en parler à sa famille ?


94 % des organes viennent de personnes qui décèdent de mort encéphalique (le cerveau s’arrête de fonctionner brutalement, suite à un traumatisme crânien par exemple) dans un service de réanimation hospitalier. Pour connaître la volonté du défunt sur le don d’organes, les médecins interrogent sa famille. Si cette volonté est connue, la famille peut en témoigner sereinement auprès de l’équipe de coordination du prélèvement, qui poursuit ou stoppe alors immédiatement les soins prodigués au défunt et destinés à préserver ses organes.

Si le défunt n’avait jamais abordé cette question, sa famille se retrouve dans une situation difficile. Que répondre aux médecins, alors que le temps est compté (le prélèvement et la greffe d’organes se jouent en quelques heures). Comment être sûr de bien respecter la volonté du défunt ? Dans ce contexte, il n’est pas rare que la famille s’oppose au prélèvement d’organes. Si la personne décédée était favorable au don, c’est plusieurs greffes perdues.

« Prendre une position sur le don de mes organes et la dire, c’est deux incertitudes en moins : ma famille saura quoi répondre aux médecins si je meure brutalement, et je suis sûr que mon souhait sera respecté. »

Une campagne pour s’informer, réfléchir et échanger


A l’occasion de la Journée nationale du 22 juin, parallèlement à sa grande campagne d’information tous publics, l’Agence de la biomédecine a choisi de s’adresser aux jeunes avec un dispositif adapté à leur sensibilité et à leurs modes d’information spécifiques. Objectifs : interpeller, orienter les 16-25 ans vers une information à la fois complète, rigoureuse et adaptée. Enfin, faire du 22 juin le prétexte pour amorcer une conversation sur le don d’organes en famille.
Pour encourager les jeunes dans leur propension naturelle à prendre la parole sur le don d’organes, l’Agence a suscité et enregistré des discussions entre jeunes, construites pour six spots radios. Le don d’organes et la greffe y sont abordés sous différents angles : qu’est-ce que c’est ? pourquoi en parler ? avec qui ?
Ces spots seront diffusés du 13 au 22 juin sur les ondes des radios métropolitaines les plus écoutées par les 16-25 ans - NRJ, Skyrock, Fun Radio, Europe 2, Le Mouv’ - ainsi que sur les stations majeures des DOM-TOM (NRJ Réunion, NRJ Martinique, NRJ Guadeloupe, NRJ Guyane et Métis FM).

Chacun des spots invite à se rendre sur www.ledonlagreffeetmoi.com. Lancé en 2006, ce site d’information permet de mieux connaître les pratiques médicales liées au prélèvement et à la greffe, de bien comprendre les enjeux et les modalités du don d’organes et d’obtenir des réponses à ses questions. Il propose également de nombreux témoignages vidéo de jeunes et de médecins.

Les associations, les hôpitaux et les mutuelles étudiantes se mobilisent

Comme chaque année, les associations en faveur du don d’organes et les coordinations hospitalières seront au rendez-vous pour informer le grand public. Des actions seront notamment organisées dans les centres commerciaux le samedi 23 juin.
Le programme sera consultable sur www.ledonlagreffeetmoi.com.

Les mutuelles étudiantes de l’Union Nationale des Sociétés Étudiantes Mutualistes –SMEBA, SMENO, MGEL, MEP, SMEREP– s’investissent également dans la sensibilisation et l’information de leurs adhérents.

Les jeunes et le don d’organes


Une étude récente pour l’Agence de la biomédecine a montré l’ouverture des jeunes au sujet du don d’organes : 96 % d’entre eux ont entendu parler du sujet, et 84 % sont favorables au don d’organes. Par ailleurs, 65 % des 16-25 ans ont déjà parlé de ce sujet, souvent à l’occasion d’un événement précis – actualité, film, discussion en milieu scolaire. 42 % estiment cependant que ce n’est pas un sujet facile à aborder et qu’il est plus facile d’en parler avec un médecin, des personnes de son âge ou considérées comme ouvertes d’esprits, qu’avec sa famille.

Si le sujet du don d’organes est familier, les connaissances qu’en ont les jeunes sont en revanche parcellaires. 94 % jugent essentiel qu’on leur explique exactement comment se passent le don, le prélèvement et la greffe d’organes. 92 % considèrent qu’il est important de leur expliquer la législation. Dans leur grande majorité, les 16-25 ans disent avoir besoin de bien comprendre le sujet avant d’aller plus loin dans le choix et l’expression d’une position personnelle pour leurs organes.
L’Agence de la biomédecine est un établissement public qui exerce ses missions dans les domaines du prélèvement et de la greffe d’organes, de tissus et de cellules, ainsi que de la procréation, de l’embryologie et de la génétique humaines. Elle est notamment chargée de développer l’information sur le don d’organes et sur ses enjeux, dans un esprit conforme à son rôle d’institution de référence.

Contacter le service de presse :
I&e

Dominique Kerforn

- Tel : 01 56 03 12 75


Agence de la biomédecine
Fabienne Tong

- Par téléphone : 01 55 93 64 96

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